
« Je suis contre les aides publiques aux entreprises et je préférerais une diminution des prélèvements. Mais, dès lors que les subventions régionales existent, il vaut mieux participer à la définition des programmes et à leur orientation. Avec le nouveau Schéma régional de développement économique, qui propose une approche collective et de moyen terme, les choses ont beaucoup évolué, le changement est fondamental », a indiqué hier Jean Schwebel. Le président de l'Union des industries du Bas-Rhin (environ 200 adhérents directs et 600 indirects pour 60 000 emplois) s'est exprimé au cours d'une conférence de presse à Strasbourg.
Sans mettre son drapeau du Medef dans sa poche ni renoncer à des convictions que l'on sait fortes, le président de l'UIBR se veut pragmatique. Il a pris l'initiative d'annoncer ainsi la couleur à l'issue de l'assemblée générale de l'organisation patronale qui s'est tenue lundi, marquée par la « réunification » de la métallurgie bas-rhinoise (lire l'encadré).
Le patron de Feyel Artzner n'oublie rien des flèches qu'il a pu décocher à l'endroit des élus régionaux, soupçonnés de ne pas prendre suffisamment en considération le caractère structurel de la crise de l'économie alsacienne.
«Nous informerons les entreprises
de l'offre de la collectivité»
Mais aujourd'hui, cette page est tournée : « Je serais moins négatif que je ne l'ai été. Mais il faut être très vigilant », admet le chef de file patronal. Il estime que les dirigeants d'entreprise ont pu s'exprimer lors de la préparation du SRDE, approuvé par le conseil régional le 30 juin 2006, et a le sentiment qu'ils ont été entendus.
En proposant des orientations précises, une grille de lecture des aides simplifiée, des organismes de développement modernisés et en entretenant le contact avec l'industrie, la collectivité que préside Adrien Zeller a réussi à convaincre de la pureté de ses intentions.
« Nous ne créerons pas de service dans notre organisation, mais nous informerons les entreprises de l'offre de la collectivité. Nous serons un partenaire actif, avec trois priorités : l'innovation produits, les marchés et le développement des compétences, c'est-à-dire la formation. Nous pouvons aider à une prise de conscience, à réveiller les entreprises », explique M. Schwebel qui voit notamment un signe très positif dans le fait que la présidence de la nouvelle Agence régionale de l'innovation ait été confiée à un industriel, Jean-François Evellin.
L'Union des industries prendra activement sa part dans la définition et la constitution des cinq « clusters » que la Région propose de monter. Ces pôles de compétitivité à l'échelle régionale, que l'on peut prévoir notamment dans les boissons, les éco-entreprises ou le bois, auront pour objectif de renforcer les entreprises de filières bien déterminées afin de soutenir leur croissance. « L'Alsace s'est beaucoup développée en accueillant des capitaux étrangers, qui demeurent un grand atout. Nous devons aujourd'hui tourner nos efforts vers un développement endogène, plaide M. Schwebel, accompagner et faire grandir les PME régionales .»
Après des mois de tension, marqués de procédures et missions de conciliation, la métallurgie bas-rhinoise s'est réunifiée sous les couleurs de l'Union des industries et métiers de la métallurgie, désormais adhérente de l'Union des industries du Bas-Rhin et du Medef 67. L'enterrement de la hache de guerre a été scellé par l'entrée de plusieurs représentants de l'UIMM 67 dans les instances dirigeantes de l'UIBR. « L'industrie était au complet lundi lors de l'assemblée générale, notre unité est reconstruite. C'est une très bonne nouvelle et un grand motif de satisfaction », a souligné hier M. Schwebel. Autonome dans son fonctionnement et ses services, l'UIMM 67 tient d'ailleurs son assemblée générale aujourd'hui à Haguenau en présence de Denis Gautier-Sauvagnac, le numéro 1 national de la métallurgie.